Cloud computing natif : quel essor en 2025 ? Les tendances à surveiller

En 2023, 78 % des organisations européennes ont intégré au moins une solution cloud native dans leur infrastructure, selon l’IDC. Pourtant, les incidents de sécurité liés à la configuration erronée des environnements cloud ont augmenté de 26 % sur la même période. Les entreprises multiplient les investissements, mais peinent à suivre l’évolution des menaces et à adapter leurs pratiques.

Le recours croissant à l’automatisation pour surveiller la sécurité progresse, mais le manque de synergie entre équipes DevOps et experts cybersécurité retarde souvent la détection des failles potentielles. Avec la généralisation des architectures mêlant cloud privé, public et solutions sur site, la gestion des accès et la visibilité sur les ressources stratégiques deviennent des enjeux de taille.

Le cloud computing natif en 2025 : entre maturité et nouveaux défis

2025 verra le marché du cloud franchir une étape, avec des applications cloud natives érigées en norme. Agilité, évolutivité, réduction des coûts d’exploitation : les arguments sont connus, mais prennent une nouvelle dimension. Les grands noms du secteur, comme Microsoft, Amazon Web Services ou Google Cloud, redoublent d’efforts pour se démarquer, rivalisant d’innovations sur leurs plateformes respectives.

Les perspectives sont claires : le cloud public devrait concentrer près de 45 % du marché mondial de l’informatique d’ici là. En Europe, la dynamique se renforce autour des architectures hybrides et du multi cloud, tandis que l’Amérique du Nord maintient sa domination sur les services avancés et la gestion automatisée des données. L’Asie-Pacifique, pour sa part, accélère sur l’intégration du cloud, portée par une appétence forte pour les applications mobiles et industrielles.

Les tendances de fond à surveiller :

Voici les principaux axes qui façonneront l’évolution du cloud natif :

  • La migration vers des services cloud modulaires, capables de s’interfacer aussi bien avec les centres de données traditionnels qu’avec les architectures cloud natives.
  • Le recours croissant à des modèles cloud privé et multi cloud, en réponse aux enjeux de souveraineté numérique et d’interopérabilité, surtout dans la sphère publique.
  • Le développement d’outils dédiés à l’optimisation des dépenses cloud, boostés par l’intelligence artificielle pour anticiper la consommation et ajuster les ressources en temps réel.

Les fournisseurs multiplient les propositions : couches de sécurité additionnelles, plateformes de développement, services IaaS sur mesure. Pour les entreprises, l’exercice d’équilibriste entre flexibilité, conformité et performance reste permanent, chaque nouvelle avancée technologique apportant son lot de complexité à maîtriser.

Quelles menaces émergent pour la sécurité des environnements hybrides ?

L’essor du cloud hybride change la donne : les architectures composites augmentent la surface d’attaque, redéfinissant les règles du jeu en matière de cybersécurité. Les flux de données circulent désormais entre cloud public, cloud privé et infrastructures en propre, ce qui oblige les responsables à repenser leur stratégie de sécurité.

Le modèle de responsabilité partagée devient la norme. Si les fournisseurs assurent la protection de l’infrastructure, la sécurité des applications cloud et la gestion des accès restent du ressort des entreprises. Ce découpage laisse parfois des angles morts, notamment lors de l’intégration de plusieurs environnements, une faille que certains groupes malveillants n’hésitent pas à exploiter. Les ransomwares, la compromission d’identités et les accès non maîtrisés figurent parmi les menaces qui progressent le plus rapidement.

Sur des environnements hybrides multi cloud, la détection des menaces exige des outils capables d’agréger et de croiser des signaux faibles disséminés sur plusieurs plateformes. Les solutions classiques montrent leurs limites face à la volatilité des charges de travail et à la diversité des points d’entrée. Cette vigilance renforcée est capitale dans les secteurs à risques élevés : banque, finance et assurance, secteur public, ou opérateurs d’importance vitale.

Les stratégies dites « zero trust » s’imposent peu à peu, avec une vérification systématique de chaque connexion et de chaque demande d’accès. Mais leur mise en œuvre dans des architectures hybrides soulève des défis techniques : compatibilité, performance, clarté des politiques d’accès. Si l’on assiste à la multiplication des environnements cloud dits « de confiance », il ne faut jamais perdre de vue que la sécurité absolue n’existe pas, la vigilance reste le meilleur rempart.

Panorama des tendances à surveiller en matière de sécurité cloud

La sécurité cloud prend une nouvelle direction. Face à la sophistication croissante des attaques, l’analyse prédictive gagne du terrain, appuyée par des outils cloud alimentés par l’intelligence artificielle. Les principaux fournisseurs intègrent désormais des modèles de détection comportementale, capables d’anticiper les menaces avant qu’elles n’aient un impact réel. Certains acteurs, comme Varonis ou les solutions recommandées par l’ENISA, misent sur la corrélation de données issues de multiples environnements pour affiner la réponse aux incidents.

Le renforcement des réglementations influence fortement la stratégie sécurité. Le GDPR impose une gestion stricte des données, pendant que des standards comme PCI DSS s’appliquent indifféremment aux clouds publics et privés. Des initiatives comme Gaia-X ou la montée du cloud souverain en Europe montrent la volonté de contrôler la localisation et la circulation des données, tout en assurant une conformité sans faille.

La pression s’intensifie sur les équipes IT, chargées d’assurer la sécurité des applications SaaS et de l’infrastructure as a service (IaaS). Les attaques par ransomware ciblent massivement entrepôts de données et services stratégiques, ce qui oblige à repenser sauvegardes et segmentation du réseau. Les architectures qui intégreront la sécurité dès la conception, au plus près des processus métiers, tireront leur épingle du jeu.

Groupe de professionnels IT dans une salle serveurs

Adopter les meilleures pratiques pour sécuriser son architecture cloud native

L’essor des applications cloud natives bouscule les routines. Kubernetes, Docker, prolifération des microservices : ces évolutions poussent à revoir la sécurité dès la base. Les équipes misent sur des pipelines DevOps et CI/CD pour accélérer le développement, mais cette rapidité s’accompagne de risques accrus.

L’intégration de la sécurité tout au long du cycle de développement devient incontournable. Le modèle DevSecOps favorise la collaboration entre développeurs, opérationnels et spécialistes cybersécurité dès le départ. La Cloud Native Computing Foundation le rappelle : scanner les conteneurs à chaque étape, du build au déploiement, n’est pas un luxe mais une nécessité. Des outils tels que Trivy, Falco ou Aqua garantissent une analyse continue des vulnérabilités.

Pour renforcer sa sécurité cloud native, quelques bonnes pratiques se distinguent :

  • Mettre en place un contrôle d’accès finement ajusté : gérer identités et droits au niveau des microservices réduit considérablement les surfaces d’attaque.
  • Automatiser la gestion des secrets : des solutions comme HashiCorp Vault ou les coffres-forts Azure et Google Cloud Platform offrent un stockage sécurisé pour les clés d’API et identifiants sensibles.
  • Orchestrer une surveillance en temps réel : intégrer des outils d’observabilité permet de détecter des comportements inhabituels avant qu’ils ne perturbent la production.

Du côté des fournisseurs, les offres se multiplient. SAP Business Technology Platform, Microsoft Azure, Google Cloud : tous proposent des outils spécifiques pour sécuriser les environnements conteneurisés. Le déploiement sur cloud public impose une surveillance constante, et la structuration des équipes reste la parade la plus efficace contre la multiplication des failles.

À mesure que le cloud natif s’impose, la sécurité ne peut plus être une réflexion secondaire. Ce sont les choix d’aujourd’hui qui façonneront la résilience des architectures de demain. Prendre de l’avance, c’est se donner la chance de ne pas subir, et de garder la maîtrise, même lorsque les nuages s’amoncellent.

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