Le format GPX repose sur une structure XML qui stocke des coordonnées géographiques, des altitudes et des horodatages dans des balises normalisées. Lire un fichier GPX revient à décoder cette arborescence pour en extraire des tracés exploitables sur une carte ou un appareil de navigation. Créer ses propres parcours GPX suppose de maîtriser quelques outils et de comprendre les limites du format, notamment face à des usages récents comme la navigation en réalité augmentée.
Structure XML d’un fichier GPX : ce que chaque balise contrôle
Un fichier GPX contient trois types de données principaux : les waypoints (points isolés), les routes (séquences de points de passage) et les tracks (traces enregistrées point par point). La confusion entre route et track est fréquente, et elle a des conséquences directes sur la navigation.
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Une route (balise <rte> avec ses <rtept>) décrit un itinéraire théorique entre des points de passage. L’appareil GPS calcule lui-même le chemin entre chaque point. Une track (balise <trk> avec ses <trkpt>) enregistre la trajectoire réelle, mètre par mètre. Quand vous importez un fichier GPX sur une montre GPS ou une application mobile, le comportement diffère selon le type de données présent.
Le format GPX 1.1, maintenu par le GPX Project, reste la référence. OsmAnd, par exemple, étend ce standard avec un espace de noms XML personnalisé (namespace osmand:) pour stocker des paramètres visuels comme la couleur de trace, la largeur ou les icônes de waypoints. Ces extensions ne sont pas lues par tous les logiciels, ce qui peut poser problème lors d’échanges entre plateformes.
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Différences concrètes entre GPX et FIT pour les parcours multisports
Le format FIT, développé par Garmin, stocke des données physiologiques (fréquence cardiaque, puissance, cadence) avec une granularité supérieure au GPX. Pour un parcours VTT ou cyclo où ces métriques comptent, le FIT offre une précision que le GPX basique ne couvre pas.
L’adoption du FIT progresse chez les athlètes orientés performance depuis plusieurs années. Pour la randonnée ou la création de parcours partagés, le GPX reste le standard interopérable.
| Critère | GPX 1.1 | FIT (Garmin) |
|---|---|---|
| Base technique | XML, lisible en texte brut | Binaire, nécessite un décodeur |
| Données physiologiques | Limitées (extensions nécessaires) | Natives (FC, puissance, cadence) |
| Interopérabilité | Universelle (apps, sites, appareils) | Écosystème Garmin/Strava principalement |
| Taille de fichier | Plus lourde (XML verbeux) | Compacte |
| Édition manuelle | Possible avec un éditeur de texte | Impossible sans outil dédié |
| Partage transfrontalier | Standard recommandé par la réglementation européenne | Non standardisé |
La réglementation européenne récente vise à standardiser les parcours de randonnée transfrontaliers en exigeant la compatibilité GPX pour les traces partagées sur les plateformes publiques. Le choix du format dépend donc de l’usage : performance individuelle (FIT) ou partage communautaire (GPX).

Créer un parcours GPX : outils gratuits et méthode de tracé
Deux approches coexistent pour créer un fichier GPX : le tracé manuel point par point sur une carte, et le routage assisté qui calcule automatiquement le chemin entre vos points de passage.
Tracé sur carte avec routage automatique
Des outils web comme VisuGPX (EditGPX) ou My GPS Files permettent de placer des points sur un fond cartographique et de générer le tracé. VisuGPX propose plusieurs modes de routage : marche, vélo, voiture, avec un routage IGN limité à la France et un routage Geoapify ou Open Route pour les comptes premium.
- Placez vos points de passage sur la carte en cliquant successivement aux endroits souhaités. Le routage calcule le chemin entre chaque point selon le mode choisi (sentier, route, piste cyclable).
- Vérifiez le profil altimétrique généré automatiquement. Un dénivelé irréaliste signale souvent un point mal placé qui force le tracé sur une route inadaptée.
- Exportez le résultat au format GPX 1.1. Renommez le fichier de manière explicite (lieu, distance, activité) pour le retrouver facilement sur votre appareil.
Tendance aux applications mobiles offline
Les retours de terrain montrent une préférence croissante pour les applications mobiles offline comme GPX Planner, notamment pour la fiabilité en zones sans connexion. Les outils web restent pratiques pour la préparation à domicile, mais le tracé final gagne à être vérifié sur l’application qui servira à la navigation.
Fichiers GPX et navigation en réalité augmentée sur lunettes connectées
Les tutoriels GPX classiques s’arrêtent à l’import sur montre GPS ou application smartphone. Un cas d’usage émergent mérite attention : l’affichage de traces GPX en réalité augmentée sur lunettes connectées comme les Xreal Air 2.
Le principe consiste à projeter le tracé GPX en surimpression dans le champ de vision du randonneur ou du cycliste. La trace apparaît comme un fil directeur virtuel posé sur le paysage réel. Pour que cela fonctionne, le fichier GPX doit remplir des conditions que la plupart des parcours classiques ne respectent pas.
Adapter un fichier GPX pour l’affichage AR
La navigation AR exige une densité de points bien supérieure à celle d’un tracé standard. Un GPX créé avec un routage classique espace les points de plusieurs dizaines de mètres. En réalité augmentée, chaque virage doit être décrit par plusieurs points rapprochés pour que la ligne virtuelle suive fidèlement le terrain.
- Augmentez la densité de trackpoints dans les zones de virage. Certains éditeurs GPX permettent d’interpoler des points supplémentaires sur un tracé existant.
- Incluez les données d’altitude précises. L’affichage AR superpose la trace au relief visible, et une altitude approximative crée un décalage visuel perturbant.
- Supprimez les métadonnées inutiles (extensions propriétaires, données de fréquence cardiaque) qui alourdissent le fichier sans apport pour le rendu AR.
- Testez le rendu sur l’application AR avant de partir. Le positionnement GPS des lunettes connectées est moins précis que celui d’une montre dédiée, et un décalage de quelques mètres suffit à rendre la trace inutilisable en forêt dense.
Les lunettes Xreal Air 2 fonctionnent comme un écran déporté connecté à un smartphone. L’application de navigation AR lit le fichier GPX depuis le téléphone et projette le tracé. La qualité du rendu dépend autant du fichier source que du GPS du smartphone utilisé.

Éditer et corriger un fichier GPX existant
Un fichier GPX récupéré en ligne contient souvent des anomalies : points aberrants (pics d’altitude irréalistes), portions de tracé qui passent à travers un bâtiment, ou segments manquants après une perte de signal GPS.
Ouvrir le fichier dans un éditeur de texte permet de repérer rapidement un trackpoint problématique. Chaque balise <trkpt lat= » » lon= » »> contient une paire de coordonnées et une élévation. Un point dont l’altitude s’écarte brutalement de ses voisins est suspect.
Les éditeurs visuels comme EditGPX sur VisuGPX permettent de déplacer, supprimer ou ajouter des points directement sur la carte. Pour fusionner deux fichiers GPX (par exemple, deux journées d’un trek), il suffit de copier les segments <trkseg> d’un fichier dans l’autre, en respectant l’ordre chronologique.
Le format GPX reste un fichier texte lisible. Cette transparence est son principal atout face aux formats binaires : toute erreur peut être corrigée avec un simple éditeur, sans logiciel propriétaire.

